Une manif illégale « presqu’encouragée » par la police

Pegida (Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident) débarque au Québec. Sur motion de Québec solidaire, l’Assemblée nationale a affirmé unanimement son inquiétude et offert son soutien aux autorités montréalaises alors que Pegida Québec appelait à une manifestation à Montréal pour le 28 mars dans le « petit Maghreb ». Voilà pour la galerie. Mais autrement, les directives musclées donnés aux divers corps de police pour contrer les manifestations contre l’austérité se multiplient et la police ne fait pas dans la dentelle.

Et oui, Pediga Québec a donné son itinéraire à la police, ce qui en fait une manifestation légale selon le fameux règlement P-6.

Pour l’occasion la gauche radicale a lancé à une contre-manifestation sur les lieux, une des 4 manifs ce jour-là à Montréal. 5 à 600 manifestant-e-s, plus les nombreux curieux se sont retrouvés à l’intersection Bélair et Pie-IX. Au bout d’une heure, pas de Pediga en vue. La police annonce que la manifestation prévue de Pediga est annulée. Curieux tout de même cette annonce de la police.

En principe la manifestation anti-raciste est illégale puisque qu’aucun itinéraire n’a été donné. On annonce que le cortège se dirigera vers le métro St-Michel. Quelques rues plus loin on y croise la manif étudiante qui vient plus que doubler le contingent. Pourquoi la police n’intervient-elle pas puisqu’elle l’a fait tout au long de la semaine avec plusieurs dizaines d’arrestations ?

Paradoxe!

Parlant du règlement municipal P-6, « C’est tolérance zéro cette année. La police va l’appliquer à la règle », a déclaré l’élue responsable de la sécurité publique, Anie Samson (La Presse 25 mars 2015). Appliquer à la lettre veut-dire que l’itinéraire doit être donné à la police. Mais, non seulement la police n’interdit pas la manif mais celle-ci est composé d’un grand nombre de militant-e-s radicaux de gauche de diverses tendances, une des cibles favorites des policiers et des pouvoirs politiques.
En fait, le maire Coderre et Anie Samson sont bien embêtés puisque l’opposition citoyenne militante contre l’islamophobie et le racisme vient d’abord et avant tout des groupes qui travaillent sur le terrain auprès des immigrant-e-s et des réfugié-e-s (dont la Ville ne se préoccupe pas) et qui ont maille à partir avec les forces du désordre.
Cette convergence « conjoncturelle et ponctuelle » ne durera certainement pas très longtemps, vu la hargne politicienne et policière contre les mouvements de contestation de l’austérité.

Tout de même, la forte réaction contre ce nouveau groupe raciste de Pegida Québec est de bon augure.

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