La lutte pour un tarif social en transport ne va nulle part

Ça a commencé en octobre 2012 où une vingtaine de groupes communautaire se sont réunis à Pointe-Saint-Charles pour parler transport en commun. Par la suite, une quinzaine d’organisations communautaires, dont quatre regroupements rejoignant sans doute une centaine de groupes, a fondé le Mouvement collectif pour un transport public abordable. Depuis la rencontre du 16 mai 2013, la revendication d’une tarification sociale semble s’être imposée comme moteur de la lutte, poursuivant ainsi « la tradition » communautaire d’une demande de tarification sociale pour les ménages sous le seuil de la pauvreté.

Quant à la revendication pour la gratuité dans le document du 16 mai, on l’a marginalisée en plus de l’aborder d’une façon défaitiste: « Dans notre société marchande, la gratuité est mal vue. Dans un contexte de « soi-disant » crise des finances publiques, cette revendication peut paraître déphasée ou nettement idéaliste. Malgré les discours et promesses, le transport en commun n’est nettement pas favorisé par les pouvoirs politiques et son développement est freiné par le manque d’investissement. Dans ce contexte, la gratuité semble menaçante même pour ceux qui font la promotion du transport en commun ». Nul doute que cet angle pessimiste d’envisager la lutte, même pour une tarification sociale, ne suscitera guère d’enthousiasme populaire.

Car, comment convaincre les dizaines de milliers de personnes justes un peu au-dessus du seuil de pauvreté ou bien tous ceux et celles qui croient, pour des raisons écologiques ou de justice sociale, que le transport collectif devrait être gratuit, d’embarquer dans une lutte dont elles savent à l’avance qu’elle ne leur profitera pas ou qu’elle aura peu d’impact ?

L’incohérence organisée du Mouvement collectif pour un transport public abordable

Le Jeudi 27 février, le Mouvement collectif pour un transport public abordable appelle à une manifestation ayant pour slogan « Contre la pauvreté pour un tarif social dans le transport en commun ». Et là, plutôt que de concentrer l’action et le discours sur la revendication principale on s’éparpille sur des revendications qui touchent quelques autres enjeux de la société:
• tarif privilégié pour la Société de transport de Montréal
• stratégie nationale pour le droit à la mobilité
• augmentation des prestations sociales et du salaire minimum.

En fait, il est désolant qu’on abandonne la lutte, d’ailleurs faiblement entamée durant la campagne électorale municipale de 2013, et qu’on s’éparpille en changeant de cible prétextant que de toute façon les fonds pour le transport en commun devront venir de Québec. Pourtant, à Montréal, pendant que la police reçoit des augmentations de budget, nous avons droit à une nouvelle hausse des tarifs de 2.8% et l’annonce d’une baisse de service de 3%. Un choix éminemment politique, de quoi mobiliser amplement les montréalais-e-s.

On voudrait au sein du Mouvement collectif pour un transport public abordable faire dans l’occupationnel qu’on n’agirait pas autrement.

À quand un mouvement pour faire du transport en commun un véritable service public gratuit pour tous et toutes.

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