La police coûte trop cher: la solution? En faire une business…

Le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, du parlement fédéral, affirme que l’explosion des salaires des policiers et des « responsabilités de plus en plus lourdes » étrangle carrément les finances des divers corps de police au Canada.

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En période d’austérité, il faudrait pouvoir faire mieux… Mais comment? Sûrement pas en coupant le salaire du personnel! Malgré une progression moyenne de ce salaire de 40% en 10 ans (alors que le gros de la population stagne ou s’appauvrit) la solution doit être cherchée ailleurs. Il faut dire que les élites n’ont certainement pas envie d’avoir à gérer une grève policière, comme au tournant des années 1970. On peut tabasser des étudiant.e.s, mais qui va tabasser la police? L’usage de l’armée, en société libérale, ça paraît mal; c’est pas très poli… Pire, que se passera-t-il si un sentiment de solidarité envers les moins bien nanti.e.s se développe parmi le personnel policier? Là, le recours à l’armée devient inévitable!

La solution pour les élu.e.s membres du comité est donc plutôt à trouver du côté des recettes néolibérales traditionnelles: tarification des services et recours au privé. Comme le souligne l’ancien directeur du service de police de la ville de Laval, le Québec, déjà l’une des provinces les moins généreuses en terme de salaire policier, est en « avance ». De la tarification des « fausses alertes » à l’entrée du SPVM sur le marché de la sécurité privée, la recette était déjà mise en oeuvre ici.

Si dans notre société, « la police est un mal nécessaire », comme me le disait mon camarade Marcel Sévigny, c’est que la mauvaise organisation sociale crée plus de maux que de bénéfices, des maux qu’on préfère gérer par la répression. Mais à cause de la tarification et de la privatisation en cours, en plus d’avoir la police sur le dos, une bonne partie d’entre nous n’aura même plus les moyens de bénéficier de sa protection quand elle en aura besoin…
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Par Pascal Lebrun
Pour l’Agence de presse libre de Pointe-Saint-Charles

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