Les autos sont maîtres de l'espace

Par l'agence de presse libre de la Pointe - 15 juillet 2010.
Des dizaines sinon des centaines de cyclistes et de piétons les empruntent quotidiennement. La piste cyclable Island et le trottoir sont encombrés de façon permanente depuis plusieurs semaines. En effet, la construction de condos génère une activité importante de transport de matériaux et autres activités qui perturbent.

Nous pouvons comprendre qu'il est plus difficile d'y circuler.

Mais ce qui est inacceptable, c'est le fait qu'une partie du trottoir de la rue Island soit carrément barré par l'entreposage de matériaux et que les travailleurs de la construction occupent de façon permanente la piste cyclable et l'endroit où les jeunes peuvent s'exercer à graffiter en toute liberté sur le mur du Centre St-Charles.(Voir la photo prise jeudi 15 juillet vers 10hres)

Les autos ont des droits que les piétons et les cyclistes n'ont pas. C'est même devenu dangereux de circuler à cet endroit car aucune route alternative temporaire n'est balisée. Le promoteur CHAPAM fait ce qu'il veut n'importe comment.

Nous avons souligné la situation au conseil d'arrondissement la semaine dernière. Bien sûr, un inspecteur est venu faire son tour. Mais aussitôt parti, c'est redevenu comme avant.

Essayons d'imaginer un autre scénario. La piste cyclable, les trottoirs et l'espace de grafittis sont complètement dégagés mais la rue est fermée en permanence par des autos stationnées ou des matériaux de construction.

Ça ne serait pas long que politicienNEs et police seraient aux abois et feraient ouvrir la voie pour permettre la circulation, avec menace d'amendes salées.

Mais nous sommes encore à l'ère de la domination de l'automobile, celle qui est maître de l'espace vital de la vie de quartier.

À quant une réelle politique du piéton et du cycliste ? Mais aussi, à quand les vrais réflexes pour permettre au monde de reprendre leur place?

Il est à noter que

Il est à noter que l'arrondissement a fortement mis à l'amende le promoteur et demandé des aménagements relativement à la piste cyclable. Par ailleurs, l'arrondissement a mis à l'amende et a fait fermer le chantier de ce même promoteur sur la rue du Centre parce qu'il n'avait pas respecté l'émission du permis pour la construction de son bâtiment. Pénalité : beaucoup besucoup beaucoup de $$$.

Revenons sur la rue Island, à ma demande, le directeur des Travaux publics et le chef de division Permis et inspections se sont rendus sur le chantier vendredi dernier pour exiger le respect de la réglementation et de réaménager l'espace public. Ainsi, la piste cyclable sur Island a été libérée de même que le trottoir. De plus, les inspecteurs s'asssurent du bon déroulement du chantier, mais rien n'est parfait. C'est pourquoi ce matin vers 9 h 30 j'ai moi-même visité les lieux (et pris des photos alors que le promoteur n'y comprenait rien) et demandé aux services de l'arrondissement plus de surveillance et plus de mordant.

Aussi, les préposés à l'émission des permis s'assureront dorénavant de demander aux différents requérants un plan des aménagements du domaine public et de mitigation des inconvénients qui affectent les piétons, cyclistes et autres usagers de la route, qu'ils devront respecter.

Également, d'autres mesures énergiques seront développées pour qu'enfin la population soit respectée par les différents promoteurs.

J'admets cependant qu'il prendra un certain temps aux promoteurs et au personnel de l'arrondissement de rendre le tout des plus fonctionnels. Mais c'est qu'on ne change pas la culture et les pratiques de constructeurs et/ou d'une organisation en un rien de temps.

Quand la volonté politique est DÉSORMAIS là, les promoteurs se doivent de respecter la réglementation et donc ultimement la population. Tout n'est pas parfait, mais nous travaillons fort à y remédier ! Les promoteurs apprendront à leur dépend que le Sud-Ouest n'est pas le Far-west!!!

Benoit Dorais
Maire du Sud-Ouest

Commentaire sur la richesse, les condos et la loi

On pourrait même imaginer un autre scénario, où la rue serait bloquée par des gens faisant un pique-nique de quartier. Là aussi, ça ne prendrait pas de temps avant que la police soit sur les lieux et lourdement armée si on se fie aux dernières expériences du genre dans Pointe Saint-Charles... (voir Un pique-nique surveillé par l'anti-émeute)

Rien n'est trop beau pour les bâtisseurs de condos. En fait, quand on a une cravate et de l'argent, on peut généralement faire ce qu'on veut et se foutre de la loi et des règlements. Vincent Chiara n'a-t-il pas laissé entreposer illégalement des matières inflammables dans l'un des bâtiments des terrains du CN? Tout le monde se souvient du feu que ça a donné, mais personne ne se souvient des conséquences juridiques qu'il a eu à subir, tout simplement parce qu'il n'y en a pas eu... (voir CN: le bâtiment principal, occupé illégalement, part en fumée et Incendie CN: l'arrondissement prend les gens pour des imbéciles

On se souvient aussi que la police de Montréal a déployé le SWAT pour déloger une trentaine de personnes du Centre Social Autogéré l'année dernière (voir Centre social autogéré: Les forces policières sortent l’artillerie lourde). Quelle genre de justice peut exister quand le respect qu'on doit donner aux règles est proportionnel à son niveau socio-économique? Comment prendre au sérieux le prochain policier qui viendra me voir pour m'imposer le respect de ces règles? (voir enfin Présence policière sur les terrains du CN samedi soir)

Par Pascal Lebrun