[compte-rendu de lecture] Bâtiment 7

Un compte-rendu de lecture de notre livre sur la lutte populaire pour le Bâtiment 7, par Nicolas Phébus.

Nicolas est un militant de longue date de Québec, actif dans le mouvement populaire et anarchiste, initiateur d’innombrables activités militantes et protestataires. Il a lu notre livre et publie un compte-rendu sur son blog:

(source)

« Ecosociété vient de sortir un titre intriguant dans sa collection Résilience : Bâtiment 7. Il s’agit du récit d’une lutte urbaine victorieuse dans le quartier de Pointe-Saint-Charles, à Montréal, tel que vécue par le collectif La Pointe Libertaire.

Le Bâtiment 7 dont il est question dans le titre est un immense hangars de 8 300 m2 laissé à l’abandon depuis 2003 dans une friche industrielle “à requalifier”, les anciens ateliers ferroviaires du CN. Cet espace urbain à fait la manchette en 2005-2006 quand on a tenté d’y déménager le Casino de Montréal. L’endroit était voué à la démolition pour céder la place à des condos. C’était sans compter sur la vivacité du mouvement social de Pointe-Saint-Charles qui a réussi à imposer un plan d’aménagement pour le site comportant 25% de logement sociaux et 23% d’espaces vert… Ainsi que l’expropriation à toute fin pratique du Bâtiment 7 et sa cession à la communauté (avec 1M$ pour le décontaminer). [Pour savoir comment ça a été rendu possible faudra lire le livre, je vendrai pas le punch!]

La lutte menée à Pointe-Saint-Charles ressemble aux luttes urbaines qui se mènent dans Saint-Jean-Baptiste, à ceci près que la Pointe n’a plus depuis belle lurette de comités de citoyens et citoyennes. La particularité du quartier c’est d’avoir une table de concertation combative, Action-Gardien, et un collectif anarchiste bien implanté localement, La Pointe libertaire. L’articulation entre un mouvement social combatif mais institutionnalisé et des électrons libres plus radicaux est un des éléments du succès remporté dans la bataille du Bâtiment 7.

Les auteurs ne se contentent pas de faire le récit de la lutte mais amènent aussi plusieurs éléments d’analyse (sur le rapport de force et la négociation, sur le rôle des élus et des fonctionnaires, sur les alliances et le respect de la diversité des tactiques entre autre). Au fil des pages les bons coups sont relevés mais on y critique aussi tant les “réformistes” que les “anarchistes”. Des questions difficiles, sur la nécessité d’un projet politique d’ensemble par exemple ou la façon de résister efficacement à la gentrification, sont posées sans nécessairement trouver de réponse… Ce qui est, peut-être, un signe de maturité politique.

La Pointe libertaire (2013), Bâtiment 7. Victoire populaire à Pointe-Saint-Charles, Montréal, Écosociété, 106 p. »

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